Le drone-facteur pas encore à votre porte

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De plus en plus, la livraison à l’aide de drones est un sujet qui occupe une place importante de l’actualité du domaine. En effet, des géants comme Amazon, Google[1], Alibaba, DHL, Walmart et bien d’autres[2] effectuent des essais afin de pouvoir, un jour, livrer du courrier ou différents produits directement à leurs clients. Cependant, avant qu’il soit possible de cliquer sur le bouton « Livraison Expresse » pour recevoir la paire de souliers tant désirée dans la demi-heure, les concepteurs de systèmes aériens sans pilotes auront plusieurs défis à relever. Les limites technologiques actuelles et le manque de données sur la fiabilité des appareils sont les problèmes majeurs empêchant l’arrivée des livraisons par drones.

14586999783_ee76c6acc3_bTout d’abord, afin de pouvoir naviguer dans l’espace aérien de manière autonome, les aéronefs devront avoir la capacité de détecter et d’éviter les autres trafics aériens et les obstacles. Pour ce faire, des systèmes embarqués d’évitement d’abordage, comme les TCAS, ou de détection des autres aéronefs, comme l’ ADS-B, qui existent déjà dans l’aviation conventionnelle, devront être adaptés pour les aéronefs sans pilote (UAV)[3]. Ces systèmes communiquent leur position et altitude aux autres appareils semblables à proximité afin d’éviter les collisions. Toutefois, il ne s’agit pas seulement d’un problème de miniaturisation et d’efficacité énergétique, mais aussi un problème d’implantation. Pour que ces systèmes fonctionnent de manière optimale, il faut que la majorité, voire tous les types d’aéronefs en soient équipés. De plus, ces systèmes ne détectent pas les obstacles comme le relief, les arbres, les fils électriques, les bâtiments, les oiseaux et tout autre être vivant. Ils devront alors être couplés à des dispositifs de détection de proximité pour pouvoir détecter tout danger d’abordage. Mais ce n’est pas tout. Les aéronefs devront être en mesure d’interpréter cette information et de procéder par eux-mêmes à une manœuvre d’évitement. Bref, ce n’est que lorsque ces nouveaux capteurs seront opérationnels et permettront de détecter un avion volant à basse altitude ou un chien se baladant simplement sur la surface prévue pour l’atterrissage et que l’UAV décidera par lui-même de la procédure sécuritaire à suivre que nous pourrons envisager l’arrivée des drones de livraison.

Ensuite, la majorité des essais sont effectués dans des zones inhabités ou à très faible densité de population[4]. La raison étant que la technologie des UAV est relativement récente et que très peu de données sur la fiabilité de ces appareils existent. Pour pouvoir naviguer au-dessus et à l’intérieur des zones bâties, il faudra mettre au point plusieurs dispositifs de sécurité intégrés redondants pour empêcher, entre autres, les interférences avec les liaisons de contrôle ou avec les signaux GPS, les pannes entraînant inévitablement un écrasement immédiat, le piratage à distance et le détournement des aéronefs en plein vol. En résumé, avant d’autoriser les drones à survoler les villes et villages afin de livrer leur cargaison, les autorités devront être convaincues que l’appareil ne partira pas à la dérive si le récepteur de positionnement par satellites venait à faire défaut ou qu’il ne s’écrasera pas sur la tête d’un quelconque individu si un moteur ou un élément de contrôle céderait.

En conclusion, il reste encore beaucoup de problèmes à régler avant de pouvoir bénéficier de la livraison à la maison par drone. Bien que la technologie évolue très rapidement, le nombre de variables incontrôlables reste encore trop grand. Cependant, serait-il plus envisageable de créer des routes prédéfinies vers plusieurs points de ramassage contrôlés?  Seul l’avenir nous le dira.

[1] Projet Google : http://www.gizmag.com/google-x-project-wing/33588/

[2] Poste suisse : http://www.gizmag.com/swiss-post-drone-delivery/38388/

[3] NASA : http://www.aopa.org/News-and-Video/All-News/2015/June/24/Drones-in-the-NAS

[4] Projet Flirtey : http://www.gizmag.com/flirtey-drones-deliver-medicine-in-us-first/38102/